L'amour, l'amitié et l'affectif dans son ensemble se sont recodifiés depuis quelques décennies. Et que ce soit du côté masculin autant que féminin, ce n'est pas glorieux. J'hésite entre fatalité passéïste et surtaxe à l'invention. L'écart n'est qu'une différence de potentiel neuronal. Après une séparation, le travail de reconstruction de l'individu n'est pas naturel, il est pré-assemblé comme un playmobil en lego. Les modèles présentés sont absolument utopiques, même à la télé où l'image dépasse l'entendement.

Il n'y a eu que six miles générations de mères pendant les 100 000 dernières années. Et on est sensé évoluer en une ou deux fois, vite fait comme ça, pile en même temps que nos enfants, parents et grands-parents. Un mix entre le bouillon de culture multi-générationnel et le bac à sable obligatoire quel que soit l'âge.

L'adaptation humaine habituellement dyslexique, bégaie et s'enlise.

Je me vois mal demander à mes parent et grands-parents de m'enseigner l'univers du numérique, ou comment être heureux affectivement en 2014. Fin 91 Emeric me parlait d'un Tim Berner-Lee, il trouvait génial son invention du http (lien hypertexte, le fameux clic). A la même époque la moitié des couples proches, dans la génération de mes parents, avaient divorcés. Moi j'allais me marier. Aucun rapport entre la naissance du web comme usage facile de l'internet, et les splits en séries des relations affectives chez les soixante-huitards devenus quadras. C'est juste un repère.

Ne se fier qu'aux faits et bannir toute projection. Juste les faits et rien que les faits, c'est un constat. Issu de "sanctus" en latin et frère de "sanction" en français. Le constat parait souvent négatif ou péjoratif, alors que ce n'est qu'une photo, le reflet d'un instant passé. Il traine dans son sillage le bilan, ce résultat des actions menées, symbolisé par une balance.

Si les études sont sanctionnées par des diplômes, alors je me suis fais recaler. Il va me falloir plancher dur si je veux repasser l'examen de la relation sociale. Visiblement je dérange de diverses manières. C'est peut être l'avantage du pack social, d'être aussi passé par là, de pouvoir en parler ou de ne plus jamais vouloir en parler.

Parfois je deviens si transparent que je ne me rase même plus. La transparence inerte et minérale, sur lequel le regard glisse, comme un ipon bien huilé. Seul intérêt, la transparence n'a pas d'ombre. On ne voit de la lumière que ce qu'elle touche. Est-ce une paralysie catatonique visuelle ou des réminiscences d'erreurs passées ? En optant pour la facilité, ce patch technique, on s'éloigne de la simplicité pour aboutir à nos sociétés complexes. On a un passé chargé et une mémoire qui n'a pas de poubelle.

Alors au menu : des restes de générations compliquées et fatiguées dans une société déglinguée, et pour nos mômes, les prémices d'un avenir d'individus collectés par des réseaux soumis à la machine. L'intoxication numérique de force et pour tous.

Notre planète va virer au wifi-four-micro-ondes pour cuire tous les polios de la relation. Parfois j'ai envie d'un coup d'enclume pour me détendre les neurones.