Pour connaitre le nombre de pièces émises j'ai contacté sans succès 62 personnes :

- Des numismates (Paris, Londres, Amsterdam, Grenoble, Clermont-Ferrand) pour qui cette monnaie est inconnue, ne peut être qu'une médaille commémorative. Et aussi le Syndicat des Experts Numismates qui ne s'intéresse pas aux euros temporaires.

- La Monnaie de Paris, n'en trouve nulle inscription dans leur catalogue, alors qu'ils en ont réalisé la frappe. Leurs archives commencent en 1418, mais depuis ils en ont jeté une partie (si si!) et le CAEF (economie.gouv.fr) est muet à ce sujet. M. Jean-Luc DESNIER sommité internationale et destinataire du dépôt légal au sein des services muséaux, auteur de plusieurs livres sur la monnaie, n'en garde ni trace ni souvenir.

- La Banque de France, qui ne gère que les billets de 200 euros et n'édite aucune pièce d'or, m'apprend que les éditions privées ne sont pas contrôlées par l'Etat ! Alors qu'il existe des lois très précises sur l'achat, la vente et la gestion des métaux précieux. Je découvre qu'un particulier peut battre monnaie sans vérification gouvernementale.

- La Banque Populaire des Alpes, qui la vendait, m'a soutenu que c'est impossible, les euros n'avaient pas encore cours. Et aucune archive n'en fait état. Ils vendaient donc des produits d'investissements (1310 francs l'unité à l'époque) sans aucun suivis, ce qui n'est pas rassurant de la part d'un établissement bancaire.

- La CCI de Grenoble, me ballade de service de com' en service d'archive, sans plus de réponse. Si vous n'avez besoin de rien, vous pouvez leur demander.

- Le Synchrotron (esrf.eu), dont le service communication n'est pas au courant alors que mon interlocuteur est en place depuis 1986. Le mot "synchrotron" seul n'est même pas déposé à l'INPI. Avis aux amateurs de typo-squatting.

- La Ville de Grenoble, qui tombe des nues et m'indique qu'il n'ont jamais édité de pièces en or. On me propose de faire appel au maire de l'époque (Michel Destot), si je le retrouve.

- L'association de commerçants "Les vitrines et ateliers de Grenoble" n'existe plus, mes recherches en préfecture se poursuivent sans succès.

- Le Presbytère, l'éditeur agréé de plusieurs séries commandées par les villes, a disparu, et ses archives aussi...

Heureusement j'ai pu obtenir des infos de la part de l'Association Numismatique de la Région Dauphinoise. Un grand merci à M. Antoine Clerc, le seul ayant pu me répondre, et dont j'honore la mémoire publiquement.

200 Euro en OR : Ville de Grenoble, Lumière du 3ème Millénaire, Synchrotron,

30 exemplaires maximum, moins les exemplaires refondus depuis.

Gravure : Claude Cardot (Meilleur ouvrier de France) & Gérard Buquoy

Frappe : Monnaie de Paris

Editeur : Le Presbytère 26600 Chanos-Curson

Diamètre : 21 mm

Epaisseur : 1 mm

Poids : 6,5 grammes

Tranche cannelée

Dans sa capsule d'origine

Cette monnaie fait partie d'une série de 5 pièces émises en 1998 à Grenoble, dans le but de sensibiliser la population à sa future nouvelle monnaie, l'euro qui arrivera en 2002. L'Europe a d'ailleurs contraint la France de faire cesser cette pratique et le 31 juillet 1998, toutes les frappes ont été suspendues. Cette pièce en or est donc la dernière produite.

Monnaie temporaire destinée aux collectionneurs et disponible sur souscription (Banque Populaire des Alpes), elle a été émise à l'initiative de la CCI, de la Chambre des Métiers et de la Ville de Grenoble. L'association des commerçants "Les vitrines et ateliers de Grenoble" bénéficiaire de l'opération, crée en mars 1998 (préfecture et Journal officiel) n'existe plus depuis longtemps.

Il y a eu des monnaies de 1, 2 et 10 euros qui étaient utilisables dans les commerces partenaires de l'opération, au même taux de change que celui imposé en 2002. Comme quoi la valeur exacte de l'Euro était connue 4 ans avant la disparition du franc... En fait depuis fin 1991, l'ECU ou l'Euro vaut 6,55 francs.

A l'ère du numérique qui enregistre tout de manière redondante, cette perte de mémoire digne d'un Alzheimer atteint de Parkinson m'inquiète. Perdre la trace d'objets en or semble plus aisé que de supprimer une photo de facebook, belle ironie des temps modernes !

Remerciements : D. Kalfon (monnaies-rares.com ), A. Clerc (a.n.r.d.free.fr), JL Desnier (monnaiedeparis.fr), DJ (double-j.org), Jean-Charles (horizonfr.com), P. Mazel (eurodesvilles.populus.org)

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