N'oublions pas qu'une voiture aujourd'hui vaut environ 15 millions d'anciens francs...

Il est clair que l'on vend toujours un bien au prix du marché. Certains exemples sont flagrants, les biens tels que l'immobilier, les véhicules, l'ameublement... Ce sont des biens physiques persistants et coûteux, dont le renouvellement est éloigné dans le temps. L'objet doit donc faire valoir sa valeur d'usage dans la durée.

Ce qui lui confère sa vraie valeur est l'usage (utilité), l'amortissement comptable (finances) et le plaisir associé à l'usage ou à la propriété de l'objet (affect). Ces trois valeurs (utile, pas cher et beau) formellement dissociées par nature, impliquent un savant amalgame de genres. Pour satisfaire les demandes, des écoles ont normalisé des concepts existants, en rapport avec les époques. L'ergonomie, le design, la sécurité et les matériaux évoluent en permanence pour plaire et satisfaire les marchés.

Comment appréhender la valeur d'un smartphone à 1 euro ? Ce concentré de haute technologie incluant du verre haut de gamme, des métaux rares, des plastiques moulés, de l'électricité, des ondes magnétiques, de l'informatique matérielle et logicielle, et des décennies d'intelligence humaine ne vaut qu'un euro ? C'est à dire rien. Donc c'est le service (forfait) qui permet la conversion financière et son équilibre, le matériel abandonne sa valeur au profit du service associé.

Alors que la pollution engendrée par cette production massive, coûte et coûtera encore. Et certainement plus qu'un euro pièce, quand il faudra reconvertir le matériel obsolète, sans bénéficier de la valeur du service devenu absent.

Et maintenant le 2ème objet pour 1 euro !

Nos pubs préférées s'emballent pour la surconsommation ciblée. Des lunettes, des voitures, des semaines de vacances, des jeux video, du vin, des forfaits mobile, des chaussures, des cosmétiques, des vêtements, des vols en avion... Des produits et des services habituellement coûteux ou superflus, deviennent abordables quand ils sont achetés par paires. On booste la consommation ? On écoule une sur-production ? On fait tourner un système ? Avec 1 euro ?

Quelques exemples choisis. Les lunettes c'est médical, donc précis et cher. Les billets d'avion ou les semaines de vacances, c'est l'évasion, donc rare. Les jeux video sont ludiques et récréatifs, et nécessitent du temps. Les cosmétiques sont utiles pour l'image en société, le soin dans la séduction. Les bouteilles de vin pour la convivialité, l'ivresse de groupe. Les forfaits mobiles pour le couple ou la famille, c'est la reconnaissance de la tribu. Et même la sacro-sainte voiture. Pour une berline achetée, une citadine à 1 euro. Avec le plein, merciii. La grosse pour môssieur et la petite pour madame ?

Une rare exception : l'alimentation. Généralement l'offre couplée se base sur le prix du 1er produit + un 2ème à prix réduit (en pourcentage du 1er). Si l'on admet qu'une oeuvre d'art n'a de valeur que celle que l'acheteur voudra donner, à quand le 2ème Picasso à 1 euro ?

Aujourd'hui à Carrouf, j'ai esquivé à temps une promo sur les marteaux.

L'Europe est devenu un marché captif au 1 euro. D'ailleurs, pourquoi dépenser plus ?

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